MONGOLIE Chapitre 2 : Northen Mongolia (1/3) – De UlaanBaator au Lac Khövsgöl

Septembre 2019 ]

L’histoire que nous nous apprêtons à vous raconter ressemble à un film d’aventure. Mais c’est une histoire vrai. Nous la racontons avec nostalgie mais nous avouons avoir vécu quelques grands moments d’émotions fortes. Ames sensibles s’abstenir ! 😉

A peine remis de notre road trip dans le désert de Gobi, que nous rencontrons Mauran et Joni, un couple Israélien avec qui nous repartons sur les routes.
Au programme : route vers le nord de la Mongolie, Lac Khövsgöl, Horse riding, Tsatan (éleveurs de rennes), route vers l’ouest jusqu’à Olgi, objectif final : Eagle Festival…

Nous repartons à bord d’un van russe, gris cette fois.
Nous chauffeur : Gamba. Un petit homme, dynamique et plein d’humour qui parle 4 mots d’anglais. Sa devise : Groupe good – Gamba good !
Nous passerons de grand moment d’échange et de rigolade avec lui. Et si vous prévoyez de voyager en Mongolie, nous vous conseillons fortement de demander Gamba. Ce roadtrip n’aurait pas été le même sans lui.

Pour ce périple, pas de cuistot. Nous ferons donc à manger par nous même. Du coup, passage obligé par le marché local à UlaanBaator.
Pour 10 jours, nous achetons de quoi survivre (bien survivre) : 5 kg de pâtes, 4 kg de riz, des bananes, des pommes, des légumes (carottes, patates, oignons, brocoli, gingembre, salade, courgette, concombre…), sauces, snacks, pain, quelques produits d’hygiène, de l’eau et des bières !
Nous devrions nous en sortir !!

Premier jour, une longue route nous attend jusqu’à Uran Togoo. 9h annoncé !
Nous arriverons de nuit et ne savons pas où nous allons dormir. Peut-être la tente, que nous avons amené au cas où.
Ce roadtrip s’annonce plus aventureux que le précédent !

Musique disco à fond dans le van, après quelques heures de routes goudronnées, nous nous engageons sur une piste de sable. Gamba file à toute allure dans les virages, les creux, les bosses, nous faisant valdinguer dans tout les sens.
Nous croisons toutes sortes de troupeaux et un spectacle assez impensable : des rapaces posés en bord de route qui se dispute une tête de vache coupé. Bienvenu dans la steppe !
Gamba, en bond chauffeur mongole, se dirige grâce au paysage sans suivre aucune route.
Le soir venu, après 8h de route, nous arrivons à Bulgan dans un petit village. Gamba nous invite à dormir dans sa maison. Nous pourrons cuisiner à la lumière et dormir au chaud.

2e jour de route, nous traversons la steppe. Les animaux vivent leur vie au milieu de la nature : vaches, chevaux, moutons, chèvres, … Les troupeaux sont nombreux et partout.
Parfois, nous croisons des aigles, des vautours, des renards.

Sur le chemin, nous nous arrêtons en bord de route pour acheter du horse Milk.
Les vendeurs nous font goûter un verre. Nous prenons juste une gorgée chacun. Le lait est fermenté et a un arrière-goût d’alcool. C’est pas terrible ! Et Gamba en a acheter 2 bouteilles pleines ! Il dit que dans les montagnes, on en boit avant d’aller marcher.
Nous goûtons également comme des morceaux de fromage issu du lait de vache. Certains sont comme des morceaux de Sucre.

Nous arrivons le soir à Murun. Arrêt obligé pour faire la demande de permis pour aller voir les Tsatan.
Gamba nous trouve une guesthouse et nous avons accès à des douches publics. Ce roadtrip s’annonce moins sale que le précédent ! 😉

Comme de bon voyageur n’ayant rien prévu à l’avance, on s’aperçoit en chemin qu’il nous fallait réserver un logement pour Olgii. En période de festival, tout les logements sont pris d’assaut. Rien sur internet, rien par téléphone.
Après de multiples recherches et l’aide de Gamba, nous trouvons un ger abordable.

3e jour, une courte route nous mène au lac Khövsgöl. Le lac apparaît au loin d’une couleur bleu intense. Les yacks bordent les routes et les plages.
On est hors saison, l’endroit semble désert.
Nous devons à nouveau trouver un logement pour la nuit.
Gamba longe la route, et s’arrête devant un ger. Coup de klaxon. Une femme sort d’une petite maison. Gamba lui parle en mongole. Il lui demande le prix des Gers.
Il avance un peu plus loin. Coup de klaxon. Une femme sort. Il fait de même.
20 000 tugrik par personne. Ca nous convient. Et de toute façon, le camping n’est pas envisageable vu la température extérieur.
La gérante arrive avec une hache pour ouvrir le cadenas de la yourte ! Gamba l’aide à coup de pince !
Scène incroyable et hilarante à la fois !

Elle va nettoyer la yourte qui n’a pas l’air d’avoir été utilisé depuis une petit moment. Elle nous invite dans sa maison pour nous réchauffer au coin du feu.
L’intérieur est rempli à moitié par des yourtes démontées. Un tout petit espace lui reste avec un lit, un canapé, un coin cuisine et un coin salle de bain.
A l’extérieur, une moto avec un side-car fabriqué avec quelques bouts de planche.

Nous partons faire une petite balade dans les environs.
Le ciel est assez nuageux mais quand le soleil transperce, l’eau laisse apparaître des reflets turquoise.
La forêt de sapins orangé laisse un parterre d’épines jaune. Ce qui rend le lieu assez magique.
Le coucher de soleil rend les environs encore plus sublimes.

Encore un petit de moment de frayeur :
Gamba nous annonce qu’il faut 2 jours de cheval au lieu d’un pour aller jusqu’à Tsatan. La horse family est plus loin que prévu et la famille qu’on doit rejoindre l’est aussi. Comme la route est difficile, les chevaux vont doucement et ont besoin de pause. D’autant qu’il neige dans les montagnes ! Il faudrait alors dormir en tente dans le froid et la neige en milieu de parcours.
Sauf que nous ne pouvons pas prendre autant de temps. Notre timing est serré pour arriver à temps pour le Eagle festival.
La compréhension est difficile. Nous appelons le gérant de la guesthouse. Une dure et longue discussion s’engage entre lui et Gamba. Nous patientons quelque peu inquiet de la suite des évènements.
Les échanges durent plus d’une heure. On nous annonce que tout est ok. On a pas tout compris, mais a priori, ils ont changé de famille pour pouvoir effectuer le trajet en 1 jour.
Bon… c’est l’aventure… nous verrons bien…

J’oubliais l’expérience des toilettes les plus ignoble de ma vie !
Je m’avance dans la forêt à la lumière de la frontale. Essayant de me repérer comme je peux de ce que j’avais vu de jour.
En m’approchant des toilettes, j’entends une musique. Un homme tire la porte pour la fermer. Je me met à côté. La lumière éclaire alors le fond des toilettes : dans le trou habituel, une bassine remplie d’excréments dans lequel gisent des milliers de vers !!! Yeurk ! Yeurk ! Yeurk !

4e jour, ce matin, on se réveille tôt pour pouvoir assister au lever du soleil sur le lac.
La nuit a été très froide et il est difficile de sortir du duvet. Le feu aide à réchauffer la pièce. Dehors, le soleil est déjà sorti et les couleurs embellissent peu à peu le paysage. Le lac est agité, le sol est gelé. La température a du bien descendre dans la nuit.

Aujourd’hui, une longue journée de route nous attend : 9h jusqu’à la horse Family qui nous mènera le lendemain aux éleveurs de Rennes !

Là démarre cette folle journée… l’aventure à l’état brute !

Une journée entière de pistes et de gravel road qui nous secouent dans tout les sens. Rebonds, balancements, virages. Impossible de se reposer sur cette folle route.

Nous nous occupons comme on peut.
Gamba a une playlist de musique disco. A fond dans la voiture, danse et chant à coup de DISCO au gré des balancements du van.

Nous croisons la route de troupeaux toujours plus nombreux les uns que les autres.
Les yacks sont de plus en plus nombreux et partout. Comme s’ils avaient envahi le territoire.
Nous croisons la route de vautour se disputant un reste de carcasse.
Des aigles posés en bord de route qui nous offrent le spectacle de leur démarche et de leur envol.
La folie de la steppe ! On se sent vraiment en dehors des sentiers battus… au cœur du pays !

Peu à peu se dessine un paysage de montagne. Nous approchons du but.
Gamba passe par des endroits complètement improbables où il n’y a plus de route, plus de chemins, plus de traces. Le van passe littéralement partout. Y compris sur l’eau !

Mais parlons plutôt des grands moments de la journée.

Nous faisons une petite pause pour déjeuner au bord d’une rivière.
Je m’éloigne un peu pour la pause pipi. Et je vois apparaître une grande fumée noir.
En me relevant, un grand feu a pris juste à côté du van et tout le monde s’agite. Gamba tente d’éteindre les flammes en tapant avec une veste et en envoyant des sauts d’eau.
Je reviens en courant pour aider. Heureusement, la rivière est proche et nous pouvons remplir les bidons d’eau pour éteindre peu à peu.
Joni a accidentellement mis de l’essence au lieu de l’eau dans la casserole pour faire cuire les pâtes (Il faut dire que les bidons d’eau et de gazoil sont exactement les mêmes !).
Celle ci s’est embrasé en allumant le gaz et le bidon a pris feu.
Heureusement le vent souffle dans le sens opposé et le bidon se vide petit à petit jusqu’à s’éteindre complètement.
2 hommes mongoles, viennent vers nous et discute avec Gamba.

A peine remis de nos émotions, Gamba nous dis qu’il faut partir car les hommes vont aller nous dénoncer aux autorités à la prochaine ville.
Comme dans une film d’action, s’entame une course poursuite entre le van et la camionnette.
Gamba met les gaz, il regarde régulièrement où se trouve la camionnette et tente de la semer au plus vite.

Au beau milieu de la route, nous tombons sur un homme accidenté, allongé au sol avec sa moto. Il ne bouge plus et semble être mort. Nous nous arrêtons pour tenter de le secourir. A la vision de son corps inanimé, écrasé par sa moto, la pommette en sang, nous pensons tous qu’il est déjà mort.
Les garçons vont relever la moto pour tenter de le dégager.
L’homme se met a bouger la jambe puis à parler.
Il est complètement ivre !
Il se relève seul, comme si de rien était. Il titube et tient à peine debout. Il vient a coté du van, s’allonge au sol (ou plutôt s’étale au sol) et sort sa bouteille de vodka de l’intérieur de son manteau !
Nous n’en revenons pas nous même de cette scène complètement surréaliste !

Nous prenons également conscience de l’absence total de sécurité en Mongolie : pas de casques à moto ni à cheval, pas de ceinture dans les vans…

Nous arrivons dans un petit village. A l’entrée, des hommes sont assis au sol a coté de leur moto et boivent de la vodka avec du coca!

Nous faisons validé notre permis auprès d’un centre militaire.
Puis nous repartons rapidement pour ne pas se faire rattraper par les hommes dans la camionnette.

Au bout de quelques kilomètres nous nous arrêtons au bord d’une grande rivière, à moitié à sec. Un peu caché. Pour manger.
Il est déjà 16h30 !

Nous cuisinons un bon repas. La pause fait du bien pour se remettre de nos émotions et de la route qui devient difficile pour nos corps et nos têtes.

Il nous reste 2h de route. Nous avons droit à un beau coucher de soleil, un magnifique paysage, une plaine immense entouré de montagne, une piste défiant les montagnes russes.

Nous arrivons juste avant la nuit au campement de la famille.
Nous sommes invités dans la yourtes familiales. La pièce est pleine.
On nous sert un bol de lait puis du pain, des sortes de madeleine, et des morceaux de sucre de toute les couleurs.
Nous nous installons ensuite dans notre yourte pour la nuit. Très sommaire, le plus qu’on ai eu jusque là.

Nous testons les vrais toilettes de la steppe mongole : un trou entouré de quelques barrières en bois qui couvrent à peine la hauteur accroupi.

Nous mangeons tranquillement dans la yourte pendant que les guides sont à côté dans le van en train de boire de la vodka et de fumer.
Francois va demander du bois pour le feu. On lui répond que s’il veut du bois, il va en couper lui même.
Heureusement que son enfance à la campagne lui a appris ce genre de chose. Nous ne mourront pas de froid ce soir.

Nous allons ensuite nous coucher après cette folle journée.
Quand les guides décident enfin de faire de même vers 23h30. Notre cher guide Gamba, rentre dans la yourte accompagné d’un autre homme. Il est complètement torché et l’homme est là pour le border.
« Gamba drink vodka – groupe good – Gamba good…  »
Un grand moment qui fini ce « crazy day » par un bon fou rire.

BONUS – On a gouté le Horse Milk

A SUIVRE – Northen Mongolia (2/3)- Horse Riding et Tsatan Adventure

2 commentaires sur “MONGOLIE Chapitre 2 : Northen Mongolia (1/3) – De UlaanBaator au Lac Khövsgöl

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