MONGOLIE Chapitre 2 : Northen Mongolia (2/3) – Horse Riding & Tsatan Adventure

Septembre 2019 ]

Pour introduire la suite de cet article, nous devons préciser que nos sentiments sont partagés face à l’aventure que nous nous apprêtons à vous raconter et surtout nous rappelle des événements quelques peu difficiles… Pas de panique, c’est une Happy End !
Voici donc la suite de ce Crazy Road Trip !

Le début de cette aventure ici

Aujourd’hui, on part pour une journée de cheval pour rejoindre les Tsatan, une famille qui tient un élevage de rennes.

Nous n’avons pas tellement d’info concernant l’organisation de la journée.
Gamba nous a dit qu’on partirait aux alentours de 10h. On ne sait pas trop ce qu’on doit amener. On prépare les affaires un peu au hasard.
A 10h. Toujours pas d’infos. Pas de chevaux. Personne. Et Gamba part dans un véhicule avec la famille !

Un peu déconcertant d’attendre sans savoir quoi, ni combien de temps.
En allant se renseigner nous obtenons une heure de départ à 11h.
L’un des jeunes est parti dans la steppe pour rapatrier les chevaux. Un peu plus tard, nous voyons un troupeau arrivait au galop jusqu’à un enclos en bois.
13 chevaux sont choisis et attachés pour pouvoir être préparés.
Nous patientons, toujours sans information.

Vers 12h, un homme nous annonce enfin le départ proche. Il prend nos bagages pour charger les chevaux.
Nous rencontrons Nathalie et Leoni, une mère et sa fille québécoise qui feront la route avec nous. Elles ont une guide qui parle anglais et peuvent donc nous donner plus d’information. Nous avons 3 à 4h de cheval pour rejoindre les Tsatan.

Une fois les chevaux chargés, nous partons enfin vers 13h, sans avoir manger.
Le convoi : 4 chevaux pour nous, 2 pour nos bagages, 4 chevaux pour Nathalie, Leoni, Chouka (leur guide) et leurs bagages et 3 guides.
Nous partons avec le chef de famille, un homme grand avec une posture imposante au visage sombre et à la voix roc, ainsi que 2 de ses fils, de jeunes cowboys. A mi parcours, nous troquerons le patriarche pour le fils ainé, un jeune funky avec la casquette à l’envers et un grand sourire non-stop.

Nous traversons la steppe au milieu des troupeaux tel un gang de cowboys.
Le paysage qui nous entoure est incroyable. La sensation de chevaucher un cheval semi sauvage en plein milieu de la steppe mongole est assez folle.

Les premières heures, nous traversons de grandes plaines. La route est bonne et nous nous demandons pourquoi les guides nous ont dit que le chemin n’était accessible que à cheval.
Nos guides sont comme des poissons dans l’eau. On sent qu’ils maîtrisent leurs chevaux depuis tout-petit. Ils chantent à tu-tête et lancent des cris pour faire avancer les chevaux.
Nous tentons de maîtriser la manœuvre en lançant des « tche tche » à nos chevaux pour les faire avancer.
Peu à peu, nous avons l’impression de maîtriser de mieux en mieux et arrivons à lancer nos chevaux au trot dans les plaines.
En fait, les chevaux se tirent les uns les autres. Si un se met à courir, les autres s’y mettent également. Ce qui provoque de beaux moments de courses dans la steppe.

Le rythme à cheval est assez décousu : le cheval marche puis s’arrête pour manger. Du coup, il prend du retard donc se met à trotter pour rattraper le groupe. Puis, il marche et s’arrête à nouveau pour manger. Et ainsi de suite…

Le vent commence à souffler et le ciel se couvre au dessus des montagnes.
Après quelques heures, la partie se corse. Nous entrons peu à peu dans la forêt. Les chemins sont boueux et glissants. Nous devons esquiver les branches et les arbres.
Une tempête commence à se lever. Le vent souffle sur les arbres faisant tomber une pluie d’épines de pin.
Le cheval de François trébuche et tombe sur le flan au bord du ravin. Par chance, François et ses réflexes de Jedi saute et s’extirpe du cheval évitant ainsi la catastrophe.

Les guides lancent des cris, communiquent entre eux à travers la forêt et semblent presser le pas. L’ascension devient assez angoissante.

Un des chevaux fait tomber son paquetage, il se donne des coups de pattes arrières pour se libérer et galope dans tout les sens dans la forêt poursuivi par une casserole encore attachée à une sangle.
Nous sommes un peu chamboulé par l’accélération des événements et le stress monte d’un cran. Les guides nous font descendre des chevaux. En fait, nous sommes arrivés !

En plein milieu des bois, on aperçoit des tipis. Puis, en levant les yeux nous apercevons … des rennes !
Nous avons l’impression d’arriver dans la forêt enchantée. En avançant, nous voyons des dizaines de rennes attachés à des racines. L’image est assez incroyable.
Nous allons dans le tipi familiale pour se réchauffer où l’on nous offre un bon lait de rennes avec de la brioche cuite au feu de bois.
Ici, il n’y a que des enfants. Ce qui donne d’autant plus l’impression d’être arriver dans le monde imaginaire de Peter Pan.

Les derniers commencent à tarder à arriver et la petite Leoni s’inquiète pour sa mère.
Dans ma tête, pas d’inquiétude, ils ont juste pris un peu de retard.
Joni vient nous chercher discrètement en nous annonçant que la mère a fait une méchante chute.
Nous prenons conscience alors de la dangerosité réelle de cette expédition à cheval sans casque ni sécurité.
Les guides pressant le pas, Nathalie s’est retrouvé seule devant, sans savoir par où passer. Son cheval a pris un mauvais chemin. Elle a voulu éviter une branche et est tombé violemment en arrière.
Son état est très inquiétant. Nous craignons une commotion cérébrale.
Nous faisons tout ce que nous pouvons pour lui porter assistance mais dans les conditions où nous sommes c’est très compliqué et nous sommes complètement démunie face à la situation.
Il n’y a qu’un téléphone locale avec lequel nous pouvons contacter la famille qui elle pourra contacter les secours. Sauf qu’en Mongolie, il n’y a pas de secours. On tente de contacter la guesthouse et l’assurance de Nathalie qui répond qu’il faut d’abord contacter les services d’urgence locaux qui eux, sont inexistants. (Vive les assurances!)

Nous allons ensuite nous coucher incapable de faire quoi que ce soit, complètement démuni…

Pour arranger le tout, nous dormons dans un tipi dont le toit n’est pas couvert, les bâches sont trouées de partout, ce qui fait qu’il pleut à l’intérieur. Nous dormons à même le sol sur de vieilles couvertures. Le poêle pour le feu est cassé. Les flammes sortent et des morceaux de braises sautent à l’extérieur. Impossible de dormir avec le poêle de peur que les couvertures prennent feu.
L’endroit parfait pour passer une bonne nuit de sommeil…

2e jour, nous avons malgré tout réussi à dormir. Il a fait froid cette nuit mais en dormant tout habillé avec les doudounes et 2 duvets, on arrive à s’en sortir.

Après le réveil, nous allons voir les rennes. C’est assez incroyable de pouvoir côtoyer ces animaux. Ils ont d’immenses cornes qui poussent en forme plus ou moins symétrique. Certaines sont toutes velues. D’autres sont tranchantes.
Les animaux ne sont pas du tout craintifs. Ils se laissent approcher et caresser sans bouger.

Un des guides grimpe à un arbre pour en faire tomber des pommes de pin.
Il mange de petites graines à l’intérieur. Nous tentons l’expérience. Comme dirait Leoni « ça a le goût de la nature ». Nous nous apercevront plus tard que ce sont en fait ce qu’on appelle les pignons qui se vendent hors de prix dans les autres pays !

Après la nuit, Nathalie commence à aller mieux et à retrouver ses esprits. Nous sommes rassurés.
Tchouka a réussi à communiquer et le médecin est en route. Ca va prendre du temps pour qu’il arrive puisqu’il ne peut venir en voiture que jusqu’à un certain point puis ensuite finir à cheval. Ca risque de prendre des heures.

Nous passons quelques moments avec les guides qui viennent s’installer dans notre tipi. Les échanges sont assez compliqués car ils ne parlent pas un mot d’anglais.

Pendant que nous patientons dans le tipi avec les guides qui jouent aux cartes, une tempête de neige se lève à l’extérieur. Il fait extrêmement froid.
Le soulagement de voir l’état de Nathalie s’améliorait permet de tenir le choc.
Nous sommes dans le froid au milieu de nulle part sans échappatoire et sans rien à y faire…

Nous apprenons que le médecin est enceinte et qu’elle ne pourra donc pas monter à cheval.
Les informations sont un peu confuses. Au final, nous ne verrons jamais le médecin !

Alors que nous nous attendions à partager des moments de vie avec la famille, nous avons eu l’impression de juste attendre que le temps passe.
Le soir, les parents de la famille et leur petite fille reviennent du village. Nous ne les voyons même pas ! Aucun échange !
Grosse déception de cette expédition qui nous paressait vraiment exceptionnelle.

La neige tombée dans la journée annonce une nuit encore plus froide. Nous nous equipons encore plus pour pouvoir survivre sans feu durant la nuit.

3e jour – La température est descendu à -4 dans la nuit, à l’intérieur du tipi.
Nous sommes content d’avoir survécu à ces conditions sans le matériel nécessaire.

On nous a annoncé un départ entre 9h et 10h. Mais ici, on s’en fait pas et on prend son temps. A 10h, rien est prêt, les chevaux ne sont pas scellés.
Nous partirons seulement à 11h.

Il fait extrêmement froid ce matin.
Nous entamons la descente à pied, trop inquiété par l’accident de la vielle.
Nous devons tenir nos chevaux en laisse, ce qui semble encore plus dangereux que d’être dessus.

Nous descendons à bonne allure. Finalement, le chemin est plutôt confortable à pied.
En 1h20, nous sortons de la forêt et remontons sur les chevaux.
Ils semblent beaucoup plus difficile à contrôler aujourd’hui. Ils n’en font qu’à leur tête, avancent à leur guise pour manger. Notre état de fatigue et le stress n’arrangent pas l’affaire. Nous sommes congelés sur nos chevaux et pressés d’arriver.

La route est longue et nous sommes fatigués et frigorifiés.
Quand nous apercevons les yourts au loin, c’est le soulagement.
Nous finissons la route par une session de trot collectif dans l’immense plaine qui mène à la rivière. Dernière étape avant l’arrivée !
Nous arrivons à 17h après 6h de traversée. Nous sommes alors accueilli dans la yourte familiale au coin du feu avec un bon thé au lait et de la brioche.

Nous resterons sur place le soir. Besoin d’une soirée de repos au chaud avant de repartir pour 3 jours de longue route et de nuit en tente…

A SUIVRE… Partie 3 : Final Road & Eagle Festival

Encore aujourd’hui en racontant cette histoire surréaliste, nous nous demandons si celle-ci a vraiment eu lieu. Elle aura eu le mérite de nous faire rencontrer 2 formidables personnes qui sont maintenant comme de la famille.
Suite à ces mésaventures, nous tenions à alerter sur les dangers de l’insécurité en Mongolie et surtout sur l’absence totale de services de secours dans les endroits reculés.
Nous avons beau être sensibiliser à toutes ces choses en France, nous avons pris le risque de faire cette ascension sans casque (sachant qu’il n’y a pas de casques) croyant être protégé de tout accident. Mais nous avons eu la preuve que nous ne sommes pas invincibles et que les accidents arrivent belle et bien et pas qu’aux autres …

A SUIVRE – Northen Mongolia (3/3) – Final Road & Eagle Festival

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