MONGOLIE Chapitre 2 : Northen Mongolia (3/3) – Final Road & Eagle Festival

Septembre – Octobre 2019 ]

L’aventure continue. Une longue route nous attend pour les 3 jours à venir en direction de Olgii.

Au réveil, une surprise nous attend dehors. En sortant de la yourte pour se brosser les dents, nous découvrons la steppe tout enneigée ! Incroyable !
Les chèvres sont toutes blanches de neiges. Il fait encore nuit mais le sol est tout blanc de neige sans aucune trace de pas.

Le van peut quand même partir mais nous devrons passer par un autre chemin. Nous devons repasser par Murun pour ensuite prendre la route vers Olgii. Et avec la neige ça risque d’être plus compliqué que prévu !

C’est parti pour la route finale qui devrait nous mener à notre but : Le Eagle Festival !
Nous roulons dans un van russe, en Mongolie, dans la steppe enneigée…

Les yacks marchant dans la neige donnent une image encore plus sauvage aux environs.
La neige tombe à gros flocon. Tout est recouvert d’une épaisse couche de neige et des parties de rivière sont gelées.

Ce road trip ne manque pas de nous étonner. Chaque jour nous vivons une nouvelle aventure.

Nous entamons une partie de route qui nous fera vivre une bonne dose de sensations fortes.

La visibilité est très troublée. Il est difficile de dissocier le sol enneigé du ciel. Gamba sort à plusieurs reprises pour vérifier le chemin et la tenue du sol. Nous traversons beaucoup de rivières, parfois sans savoir si ça passera.
De multiples glissades, jusqu’à un tête à queue qui faire perdre le contrôle du van. Heureusement, Gamba reprend vite les commandes.
La route est plus difficile à anticiper et nous fait parfois bondir jusqu’au plafond.
Francois sert de co-pilote à Gamba, en essayant de repérer au mieux la route. Seules quelques traces de pneu sont visibles mais la neige tombante encore à gros flocons, elles s’effacent vite.
Pour arranger le tout, un pneu crevé sur le chemin !
Gamba change le pneu vite fait bien fait. On s’en sort bien.
Nous roulons à pas plus de 20km/h. La route est très compliqué et quelque peu angoissante.
Nous nous demandons encore une fois si nous arriverons à notre échéance : le Eagle Festival à Olgii le 5 octobre !

Peu à peu, la neige s’estompe et les traces de routes sont plus visibles.
Le paysage est encore plus beau avec les étalages de neige, les montagnes entourant la plaine pour embellir le tout.

8h de route et de sensations fortes avant de rejoindre la route goudronnée. Une sensation de soulagement.
C’est les pieds gelés et le coeur retourné que nous arrivons enfin à Murun pour une pause dej bien mérité à 17h !


Un superbe coucher de soleil accompagne nos dernières heures de route de la journée avec des couleurs à couper le souffle.

Par chance, Gamba nous dégote un hotel dans un petit village, nous évitant ainsi de poser la tente dans le froid. On va dormir au chaud, dans des lits, et sans avoir à mettre du bois pour le feu toute la nuit ! Le rêve !

Une bonne nuit de repos nécessaire avant les 2 prochains jours qui s’annoncent long et difficile. Gamba nous annonce le programme : 7h du mat go ! Road… Eat…Road…Night…Road….Tired … Sleep in tente… et on repart de même pour le lendemain…

Et c’est reparti ! Depart à 7h20 pour une looonnnnngue journée de route.
Nous avons plus de 1000 km à parcourir jusqu’à Olgii en seulement 2 jours pour arriver à temps pour le festival !

Après quelques minutes de soleil, nous entrons dans un épais brouillard. Nous sommes en plein dans le nuage et ne voyons pas à plus de 100 mètres.
Le van est gelé de l’intérieur.
Gamba a trouvé ses limites. Il ne sait plus trop où aller et doit recourir au gps et à la carte. Difficile de se repérer au paysage quand il n’y a pas de paysage !

Dès la première heure, nos corps et nos esprits sont déjà fatigués des tumultes de la route.

Le soleil réapparu réchauffe le van et nous avec. Le paysage réapparaît peu à peu.

Nous croisons la route de quelques aigles, un renard et des centaines de petites souris qui courent dans tout les sens d’un trou à un autre.

Le midi nous arrivons dans une petit village.
Nous poussons la porte d’une maisonnette pour y trouver 2 femmes qui vendent de la cuisine locale. Impossible de savoir que ça se trouve là sans connaitre ! Une chance que nous ayons un Gamba !

En sortant, un homme alcoolisé tente de s’en prendre à Joni en lui attrapant le manteau. Gamba et Mauran s’interpose et Gamba tente de calmer l’homme au risque de se prendre un coup. Nous partons rapidement avant que ça ne dégénère.

La route est longue, très longue, et mouvementée. Impossible de dormir malgré la fatigue.

Nous enchainons 12h de route dans la journée.
Gamba est épuisé et montre des signes de faiblesse. Lui-même dont la devise est « groupe good = gamba good » nous dit qu’il est fatigué.

Après un petit village, oh surprise, nous arrivons sur une route goudronnée.
Soulagement ! Nous allons pouvoir détendre nos dos.
Mais nous surveillons Gamba de près qui semble prêt à s’endormir.

Nous arrivons enfin près de notre destination pour la nuit : le lac hyargas.
Le soleil se couche sur le lac pour nous offrir un spectacle éblouissant.

Nous trouvons un hôtel au bord du lac. Cela nous évite encore une fois la nuit en tente. Bien que l’environnement donne bien envie de camper, le froid est plus que rédhibitoire.
L’hôtel est assez miteux. Les chambres sont sommaires. Mais les lits ont des matelas.
Ca fera l’affaire !

Finalement il a fait très froid cette nuit dans la chambre d’hôtel. Aussi froid que dans une yourte, sans chauffage ni feu.

Nous partons pour une dernière journée de route jusqu’à Olgii.

Quelques minutes sur routes goudronnées puis nous bifurquons à gauche sur une piste.
Le van file à toute allure sur la piste. 100km/h passant d’une piste à une autre. On se croirait dans un jeu vidéo.

Nous prenons littéralement le chemin à vol d’oiseau. Nous coupons tout droit à travers plaines et montagnes.

Le paysage se transforme peu à peu. Des montagnes rouges apparaissent. La végétation sort du sol rappelant le bush Australien.
La piste se transforme en piste de sable rose, jaune, blanche. Comme si nous roulions sur un arc en ciel.

Les paysages sont vraiment à couper le souffle et juste admirer les alentours aident à redonner le sourire et faire passer les heures de route.

Nous faisons une petite pause au bord d’un lac pour manger. Dernier moment de cuisine nomade dans les steppes mongoles.

5h de route et nous avons déjà parcouru 3/4 de la route.
Gamba nous annonce 3h restante. Il reste que 100km mais la route est bossu.
Nous avançons vite et mettrons sûrement moins de temps qu’annoncé.

Jusqu’au moment où nous entendons un « pfchiou… »
Et hop, un pneu totalement à plat !
Sauf que nous avons déjà utiliser la roue de secours il y a quelques jours sous la neige…
No good…
Mais super Gamba est là. Le pneu enlevé, nous trouvons l’origine du problème : un clou d’une longueur de 10 cm qui a transpercé la chambre à air !
Pas de soucis, gamba sort une chambre à air de secours.
A coup de marteau, avec l’aide de Joni, il sort le pneu, change la chambre à air, regonfle le pneu, le remet en place… en 40 minutes chrono, le problème est réglé.
Un petit coup de peigne et on peut repartir !

Il nous reste que 40 km. Nous arrivons au but !
La route longe une rivière aux couleurs vert émeraude bordée d’arbres aux feuilles orangées.
Nous apercevons la ville au loin. Olgii ressemble à une grande petite ville.
Ca y est nous atteignons l’objectif ultime de ce road trip.

Nous logeons dans un ger camp un peu éloigné de la ville, regroupant une dizaine de yourtes et 3 cabanons.
La yourte est tout confort : des vrais lit avec des vrais matelas, couette, oreiller, couverture. Un sol en béton recouvert de lino et des tapis au pied des lits. Un poêle chauffé par des braises. Le grand luxe !

L’établissement propose petit-déjeuner et dîner dans une salle à manger ultra clean. Salle en bois avec lustre au plafond et carrelage qui brille au sol.

Un autre bâtiment regroupe toilettes (ou on peut s’assoir et y aller sans son papier toilettes à la main et c’est pas négligeable !), des lavabos avec du savon pour les mains,
Et… des douches chaudes… Sûrement la meilleure douche de nos vies !

Demain, 1er jour du festival. Nous allons voir si le voyage en valait vraiment la peine…

Le feu réchauffe la yourte pour nous endormir. Mais quand le feu s’enflamme et commence à nous étouffer. C’est une autre affaire.
Nous sommes obligé d’ouvrir la porte pour pouvoir respirer et faire passer de l’air.
C’est bien la première fois qu’on a trop chaud la nuit !
A 5h du mat, un homme toc à notre porte pour venir rallumer le feu.
Nous venions tout juste de trouver une température convenable sous les grosses couettes et la couverture en camel.

Aujourd’hui, c’est le moment tant attendu : le Eagle Festival.

Départ vers 9h pour se rendre au festival. Beaucoup de véhicules se dirigent dans la même direction. A quelques minutes à la sortie de la ville, une file de voiture se dessine. Nous arrivons au passage de la taxe. Nous payons une taxe pour le véhicule. Puis des hommes vendent des billets. 80 000 par personne.
Nous ne nous attendions pas à autant. Mais bon après avoir fait tout ce chemin, nous n’allons pas reculer aux portes du festival !

Nous arrivons au milieu de rien où les voitures se garent les unes à côtés des autres.

A première vue, le festival ne réunit que les touristes occidentaux armés de leur appareil photo.
Au cours de la journée, les familles locales commencent à arriver et nous nous sentons un peu plus dans du local.

A l’arrivée, nous croisons déjà des hommes en tenue traditionnelle chevauchant leurs chevaux, un aigle sur le bras.
C’est l’heure de la séance photo. Les compétiteurs posent de leur plus belles postures pour contenter les voyageurs venus les voir. Certains les laissent monter sur leurs chevaux et tenir leur aigle.
Apres réflexion nous nous laisseront tenter un peu plus tard. C’est pas tout les jours qu’on peut se mettre dans la peau d’un aiglier Kazakh.

Le festival démarre par une cérémonie d’ouverture. L’ensemble des compétiteurs arrivent sur leur monture et font le tour de l’arène.


Dans le lot, quelques femmes, et des petit bouts dont la plus jeune doit avoir à peine 5 ans.

Nous faisons un tour dans les allées. Des stands ressemblant à une grande brocante. Les locaux sont venus vendre des souvenirs en tout genre et de l’artisanat traditionnel : chaussettes, manteaux en fourrure, semelles en peau de mouton, sacs, chaussures, des dents (qui doivent faire office de porte bonheur?)…

Des enfants, se promènent autours des stands avec des poches poubelles et ramassent les ordures sur le site. Une initiative plutôt positive !

La compétition démarre par l’épreuve du « Catch eagle ».
Un cavalier s’avance dans l’arène. Des cercles y sont dessinés avec des cailloux représentant des scores différents en fonction de la distance. Un aigle s’élance du haut de la falaise. Le cavalier lui tend un morceau de viande et lance des cris pour l’appeler. Le but étant de réceptionner l’aigle le plus rapidement possible et le plus loin possible. Sachant que parfois, l’aigle s’en va ou atterri à un tout autre endroit.

Nous montons en haut de la montagne d’où sont lancés les aigles.
Des tas de touristes y sont présents au milieu des aigliers, sur une falaise faite de graviers glissants.
Encore une vision du niveau de sécurité en Mongolie. Nous pouvons y accéder sans problème, être en contact avec les aigles, alors que l’ascension de la montagne et son accès sont très dangereuses.
C’est quand même une expérience de fou, d’être présent, assis au milieu des compétiteurs, leur aigle sur le bras. L’un d’eux en profite même pour laisser un gros caca dégoulinant sur Francois. La preuve de la proximité.
D’ici nous observons l’envol des aigles et avons une vision grandiose de l’aire d’atterrissage.
Tout le monde se prend au jeu et encourage les aigles, applaudissant une bonne réception.

Sur la descente, j’ai la chance de voir un aigle de très (trop) près. L’un des aigles s’est posé sur un rocher. Nous l’observons. Celui-ci s’envole et fonce droit sur moi. Ou plutôt je suis sur son passage. Je me jette alors au sol pour l’éviter de justesse.

Pour résumer, aujourd’hui François s’est fait chier dessus par un aigle et un aigle à voulu me tuer…

Nous assistons ensuite à une autre épreuve : l’Archerie. Un peu le principe de la pétanque avec un arc et des flèches.
Des hommes en costumes lancent une flèche en bois. Le but étant de toucher une boule placée à quelques dizaines de mètres.
Encore une fois, aucun périmètre de sécurité.

Epreuve suivante : La course de chameau est annoncée. Nous l’attendions avec impatience.
L’organisation est « à la mongole » : pas de délimitation de la ligne de départ ou d’arrivée.
Les chameaux s’alignent pour les photos. On leur annonce que la ligne de départ est ailleurs. Ils s’élancent donc en traversant le public comme s’il n’était pas là. A nous de nous pousser du mieux qu’on peut.
La course se passe rapidement et loin. Hop c’est fini.
Nous repartons tous un peu bredouille.

Le reste de la compétition est reporté au lendemain.

Le soir, nous avons droit à un concert de musique traditionnelle Kazakh.
Celui-ci a lieu dans un théâtre.
Durant 1h, les artistes s’enchaînent : chanteurs, danseurs, musiciens, …
Pour laisser place au kazakh national orchestra.
Un beau spectacle qui clôture bien cette folle journée.

Nous rentrons nous coucher, des images plein la tête !
Clairement on ne regrette pas le voyage !

Ce matin, nous avons droit à du rab et nous retournons au festival pour quelques heures.

La première épreuve est la finale du jeu de la vielle.
Toujours un cavalier dans la zone et un aigle qui part du haut de la falaise. Cette fois, l’aigle doit attraper un peau de bête traînée au sol par le cheval. L’épreuve est beaucoup plus rapide et encore plus impressionnante.
Une toute petite louloute participe au jeu et est acclamé par la foule.

L’épreuve suivante est celle du « tinge llu ». Le cheval lancé à plein galop, le cavalier doit attraper des objets au sol en réalisant le temps le plus rapide possible.

Nous n’avons malheureusement pas le temps de voir les dernières épreuves.
Notre avion nous attend pour nous ramener à OulanBator.
Enfin on l’espère ! Sachant que notre vol prévu initialement à 7h le matin a été reporté 10h plus tard.

En arrivant à l’aéroport, personne sur le parking, pas d’avion, les portes sont fermés…
Un homme vient à notre rencontre. Il ne parle pas anglais. Gamba fait la traduction pour nous.
Il n’y a qu’un vol dans la journée donc l’aéroport n’ouvre que quelques heures avant.

D’autres touristes arrivent ce qui nous rassure un peu.
Les portes s’ouvrent. Nous sommes tout seul dans l’aéroport.
Peu à peu, d’autres passagers arrivent, puis le personnel. Mais toujours pas d’avion.

L’embarquement est à 17h10. Toujours pas d’avion à 17h !

17h10, un avion atterri, des passagers en sorte et nous entrons en suivant.
17h40 l’avion redecole en sens inverse !

Le paysage depuis les airs est magnifique. Nous prenons conscience de l’étendue des terres que nous avons parcouru.
10 jours pour y arriver et en seulement 2h nous sommes de retour a Ulaanbaator.

Encore une fois, l’arrivée à la guesthouse nous donne l’impression d’un retour à la maison !

Nous avons la bonne surprise d’y retrouver Nathalie et Leoni, en pleine forme.

Un repos nécessaire pour récupérer de cette grande aventure avant de quitter la Mongolie pour rejoindre le Myanmar.

A SUIVRE – MYANMAR – Yangon

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