MYANMAR Chapitre 4 : Trek Kalaw – Inle Lake

Octobre 2019 ]

From Bagan to Kalaw

Notre bus de nuit censé arriver au petit matin, nous dépose à Kalaw à 4h du mat.
Nous nous retrouvons un peu couillon, au milieu d’une nouvelle ville avec nos gros sacs en plein milieu de la nuit.
Nous marchons jusqu’à notre hôtel. En arrivant devant, pas de lumière à l’intérieur et personne. Réception fermée, alors qu’elle est indiquée ouverte 24h/24.
Nous faisons un tour aux alentours pour être sûr qu’il s’agit bien du bon endroit. Oui, c’est le bon, mais c’est fermé !
Nous nous imaginons alors attendre là pendant 4h sans endroit où se poser.

Vers 5h, un homme ouvre les portes et nous accueille avec un grand sourire, à la Birman.
Il nous enregistre et nous donne notre chambre alors que nous avions réservé que pour la nuit suivante.
Nous trouvons alors une super chambre, style chalet, avec de superbes lits dans lesquels nous nous empressons de finir notre nuit.

Nous décollons vers 12h à la recherche d’un guide pour le trek de Kalaw jusqu’au lac Inle.
Notre choix se portera sur une agence à la réputation irréprochable, Ko Min Trekking. Quelques minutes à peine, et nous bookons notre trek pour le lendemain. Nous partirons finalement pour 3 jours 2 nuits.

Retour vers le passé

Ce matin réveil à 7h. On fait le plein d’énergie avec un excellent petit dej bien copieux à l’hôtel.
On boucle les sacs et à 8h30, notre guide vient nous chercher.
Le patron récupère nos gros sacs pour les acheminer jusqu’à notre hôtel au lac Inle.

Nous partons avec notre guide Sanjay pour 3 jours de trek à travers les villages montagnards.

Sanjay parle très bien anglais et nous pouvons échanger sur toutes sortes de sujets.
Il nous explique beaucoup de chose sur la culture du Myanmar, fait en sorte que nous comprenions bien ce qu’il explique, nous montre les différentes cultures.

Nous marchons 3h le matin. La première partie du trek se fait dans la forêt à travers la broussaille. Ici rien n’est taillé, nous poussons la broussaille pour se frayer un chemin.
Sanjay nous explique l’origine des arbres dont le tronc est complètement creusé. Les habitants des villages viennent récupérer des copeaux de bois dont la sève permet d’allumer rapidement un feu. Ce qui leur permet de cuisiner.

Nous croisons une femme à la cueillette des champignons. Jusque là c’est un peu comme chez nous.

En traversant les villages, les habitants que nous croisons nous font de grand coucou et de grand sourire.

Nous nous arrêtons pour manger dans un petit village. Notre cuisinier nous suit en scooter durant les trois jours et nous rejoint à différents points pour nous préparer à manger.
Il nous sert un jus de melon pour patienter. Puis un bol de nouilles accompagné d’assiettes de fruits en tout genre : pomme, orange, banane, fruit du dragon…
Un vrai régale et de quoi bien se revigorer pour la suite du trek.

Nous repartons sur les chemins. Nous voulions être loin des sentiers battus, nous sommes servi.

Nous passons dans les plantations, une multitude de fruits et légumes différents: maïs, avocat, aubergine, gingembre, carotte, choux fleur, salade, tomate, water rice / riz des montagne…
Les collines environnantes sont ornés de carrés de différentes couleurs représentant les parcelles de terres des habitants.
Nous alternons entre routes et chemins, passant même parfois au milieu des rizières.

Nous faisons un bout de chemin auprès de 4 femmes, turban sur la tête, panier dans le dos, longyi, et tong.
Elles posent quelques questions sur nous à notre guide. Celles qui reviennent le plus : si on est frère et sœur, si on est marié… Elle propose même de nous marier ici.

Nous passons dans le village. Les maisons ici sont pour la plupart faite de bambou. Ce qui donne un certain charme au village.
Nous sommes accueilli dans une maison pour y boire le thé en compagnie d’un grand-père et de sa belle fille.

Nous croisons sur le chemin des habitants travaillant dans le champ, avec à leur côté des buffles ou des zébus.
Plus nous avançons et plus nous avons l’impression de remonter le temps.
Ce mode de vie ne semble plus exister de nos jours.

En traversant un village, vers 16h, c’est l’heure du retour à la maison. Nous croisons les enfants qui rentrent de l’école, les habitants qui rentrent du travail, accompagné de leur zébu, certains à dos de buffles, d’autres à bord d’une charrette.

Nous arrivons dans un petit village où nous passerons la nuit chez une famille.
Ici vivent les grands parents, leur fille et son mari, et leur petite fille.

Nous avons une chambre rien qu’à nous avec une tente moustiquaire.
Nous prenons un petit temps de repos, une bière accompagnée de maïs grillés pour patienter.
Puis le cuisto nous amène une bonne dizaine de plats différents. Encore un fois, un régale et largement de quoi se sustenter.

Nous aurons le plaisir de passer un moment avec la famille. Sanjay nous rejoint. Puis le grand-père dans un premier temps s’assoit à table avec nous.
Nous pouvons échanger, grâce à la traduction de Sanjay.
La grand-mère nous rejoint peu après. Elle s’assoit au sol un peu à l’écart.
Nous passons un très bon moment d’échange et de partage. Ce que nous sommes venu chercher à travers ce trek.

Avant de se coucher, la femme fait sa prière et ses offrandes auprès de l’autel installé dans la pièce en l’honneur de Bouddha.

Local life in the middle of nowhere

Malgré les criquets battant des ailes sur la moustiquaire, les moustiques rodant autour et les chiens qui se mettent à hurler tous en même temps avec le lever du soleil, la nuit a été plutôt bonne…

Nous nous levons vers 7h. Nous avons droit à un festin pour le petit-déjeuner : french toast, guacamole, banane, pomme, orange, fruit du dragon, … que du frais.

Nous plions nos affaires et remercions la famille pour son accueil. Elle nous demande de leur envoyer des photos si on se marie après notre voyage.
Nous voila repartis pour notre 2e jour de trek.

Les chemins sont différents de la veille et les paysages changent également.
Les champs sont parsemés de fleurs et de papillons jaunes qui embellissent le trajet.
Nous croisons toujours zébus et buffles sur la route, ainsi que des locaux travaillant dans les champs. Ici, tout le monde est fermier.

Nous échangeons toujours autant avec notre guide qui nous apprend tout ce qu’il sait.
L’ambiance est parfaite.

Tout les habitants que nous croisons demandent les mêmes choses : d’où nous venons, où nous allons, et si nous sommes mariés…
Sanjay n’a plus besoin de traduire, nous comprenons ce qu’il répond. Les français au Myanmar sont appelé Piente.

Chaque fois que nous lançons un « MingalaBa » à un habitant, il nous répond avec un grand sourire en retour, heureux de nos efforts pour communiquer avec eux.

La plupart des maisons sont faites en bambou. Et certaines plus récentes sont en pierre.
Ici chaque habitant construit sa propre maison. Pour construire une maison en bambou, il leur faut seulement 3 jours. Tout le village se met a l’œuvre.

Nous faisons une pause dej dans un petit village. Juste au dessus du restaurant, une colline donne droit à un panorama à 360 sur les environs.
Nous retrouvons notre cuistot qui nous sert à nouveau une bonne dizaine de plats.

Nous nous arrêtons dans un village Pao, où nous sommes invités à prendre le thé.
Nous entrons dans une maison et nous asseyons par terre auprès du feu.
Il y a un homme avec son fils de 2 ans et demi, et plusieurs femmes avec un turban sur la tête de différents âges. Elles sont réunies ici pour le thé. Nous nous retrouvons auprès de 6 ou 7 femmes. Certaines passent à la fenêtre pour voir ce qui se passe.
La communication est assez amusante et insolite du fait des différences de langage : nous parlons en anglais à Sanjay qui traduit en birman au fils de la maison, qui à son tour traduit aux femmes qui parlent uniquement leur propre langage.
La communication passe énormément par le regard et les sourires.
Elles semblent heureuses et curieuses à la fois de nous accueillir. Elles nous observent beaucoup et inversement.
Nous vivons un moment assez surréaliste. Un de ces moments dont nous pouvions rêver mais sans réussir à imaginer que nous sommes en train de le vivre.

Nous passons ensuite au monastère du village où nous espérons rencontrer des moines pour une partie de foot que nous avait vendu Sanjay.
Malheureusement, le monastère est complètement vide. Reste juste les tuniques des moines.

Nous continuons alors notre chemin.
Nous découvrons quelques spécificités des plantes de la nature – Les feuilles de cactus peuvent être utilisées comme médecine pour les problèmes d’oreille ; les bambous sont coupés en morceaux pour manger les insectes à l’intérieur ; nous croquons dans une boule de menthe poivrée que nous passons sur les lèvres, celles ci se mettent alors à crépiter pendant plusieurs minutes…

Nous traversons un autre village. A cette heure, tout le monde est rentré à la maison et l’ambiance est très vivante : le chemin principal est bordé de flammes qui brûlent la brousse, des enfants jouent au ballon, des charrettes tirées par des zébus ramènent les fermier à la maison…
Toujours cette impression d’être dans un autre temps.

Le soleil commence à se coucher et embelli les couleurs du paysage.
Nous passons par des chemins de terre rouge bordés de cactus et nous avons alors l’impression d’avoir tout à coup changer de pays.

La pénombre commence à s’installer et comme à notre habitude, nous finissons la route de nuit.

Nous arrivons au village vers 18h où nous profitons d’une bonne bière de récup.

Le repas nous est servi peu de temps après. Sur une table dans le salon, un assortiment de plat tous meilleur les uns que les autres, et en prime, des french fries !!
A coté de nous, la fille, la mère, la tante, quelques amis et voisins sont assis au sol autour d’un smartphone pour regarder la télé.
Comme la sensation étrange d’être dans deux bulles différentes.

Après le repas, nous entendons quelques notes de guitare. La curiosité nous dirige vers la cuisine. Sanjay nous invite à nous installer avec eux.
Nous avons alors l’occasion de goûter l’alcool de riz, fait maison et servi dans un bouteille d’eau en plastique. L’alcool se boit facilement et ne semble pas très fort.

Nous passons un moment extraordinaire dans cette cuisine avec un tableau dont nous rêvions depuis longtemps : assis en cercle à même le sol, au côté de notre guide qui nous sert de traducteur, nous échangeons quelques temps avec la famille, le père, la mère et la tante qui sont en train de faire cuire du poisson.
Comme en soirée avec des amis, ils boivent de l’alcool de riz, pendant que notre cuistot et celui de l’autre groupe qui sont cousins, nous proposent un concert acoustique guitare-voix.
Nous chantons quelques chansons en français.
Puis, nous sommes tous comme hypnotisé par les deux cousins mélomanes.

Nous profitons de cet instant magique et faisons en sorte de garder ce moment gravé à jamais dans nos mémoires.

Perfect Trekking

Réveil à 6h30 ce matin. Nous avons droit à nouveau à un super petit dej avec des tonnes de fruits frais et des crêpes au chocolat servi en terrasse.
Pendant ce temps, la femme de la maison coupe du bois à la machette juste à côté.

Nous quittons le logement vers 7h30 après avoir remercier la famille.

C’est notre dernier jour de marche, environ 4h pour rejoindre la rive du lac.

Le debut de la marche commence par 1h de descente au milieu de la jungle.
Encore une atmosphère différente des autres jours comme si nous sautions dans un autre espace temps.
Quand la vue se dégage, nous apercevons les falaises recouvertes de végétation qui nous donne l’impression d’être vraiment perdu au milieu de la nature.

Sanjay nous raconte avoir déjà croiser un singe sur ce chemin. Nous guettons alors les bruits et le haut des arbres mais le chemin nous oblige à plutôt regarder nos pieds.

Comme nous l’a expliqué notre guide, là où il y a du bambou, se trouve un village non loin. Nous arrivons à ce que nous appelons le Corn Village.
Tout les habitants sont réunis pour travailler le maïs. Une musique en fond sonore et une ambiance festive. Une vingtaine de personnes sont assises au sol autour d’un tas de maïs, en train d’éplucher les peaux.

Nous nous approchons et sommes accueillis avec de grands sourires.
Nous nous installons quelques instants à leur côté pour se mettre à la tâche.
L’ambiance est formidable et pleine d’humour. Encore un de ces moments insolites.
Nous pourrions rester là des heures mais nous devons continuer notre chemin.

Nous passons à travers champs de maïs, aubergines, dragon fruit, …
Ce dernier chemin nous donne rapidement l’impression de la fin.

Nous nous acquittons de la taxe d’entrée pour le lac inle de 15000 par personne.

Le reste de la route se fera le long d’une rivière à sec sur un grand chemin tout droit vers le lac.
Nous marchons en chantant des airs de « Papaoute » (seul chanson française connu de notre guide).
Une petite devinette qui nous occupera quelques temps : quelle sont les 5 pays finissants par un L ? Alors ?

L’ambiance est vraiment bonne.

Nous arrivons dans un petit village flottant où nous nous arrêtons pour manger.
Un jus de pastèque pour se désaltérer. Puis une dizaine d’assiettes de fruits en tout genre accompagnées d’un bol de nouille et d’une soupe. Un vrai régale une fois encore.

Pour finir en beauté ce trek, nous traversons le lac à bord d’un bateau à moteur jusqu’au nord.
Le lac est rempli de végétation. Le ciel se reflète dans l’eau.
La sensation d’être bien, d’une fin parfaite pour ces 3 jours de trek parfait.

Un taxi nous amène ensuite jusqu’à notre hôtel Lady princesse Motel 2 où nous retrouvons nos sacs.
Des adieux à Sanjay, comme le sentiment de dire au revoir à un ami proche.

BONUS – On a gouté l’alcool de riz

A suivre : Lac Inle…

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