[ Décembre 2019 ]
Walk, Bike & Cave
Aujourd’hui, nous repartons explorer les environs. Cette fois, nous avons loué un scooter pour la journée. Toujours le petit 125cc Honda Click qui fait très bien l’affaire sur tout type de chemin. On a deux casques fournis avec, pour une fois pas trop mal (tout du moins mieux que les fameux casques bol). Manque de bol, le réservoir est vide. Nous devons alors passer mettre un peu d’essence avant de partir. C’est monnaie courante en Asie, on te fourni quasiment toujours un scooter sans essence.
Au programme de ce matin, ascension d’un mont pour accéder à un viewpoint sur les environs. Nous visons le Pha Ngern Viewpoint, plutôt bien noté sur internet et proposant un point de vue à 360 degrés.
Une des choses qui nous a marqué depuis l’arrivée au Laos, c’est le retour des locaux dans le pays. En Thailande, nous avons eu l’impression de ne croiser aucuns locaux tellement le pays est envahi de touristes. En gros, nous trouvions quelques locaux parmi les touristes alors qu’au Laos, retour à la normal, nous croisons quelques touristes parmi les locaux. Les personnes vivent ici, et on croise des moments de vie. C’est appréciable et on retrouve un peu l’ambiance du Myanmar.
Nous démarrons donc notre route pour aller jusqu’au viewpoint. Après quelques kilomètres sur la même route que la veille, nous croisons un panneau indiquant le viewpoint. Nous le suivons mais google maps ne semble pas indiquer le même chemin. Visiblement, il y a plusieurs ascensions différentes dans le même coin. Taxe d’entrée oblige, nous demandons si nous sommes au bon endroit. La fille rigole et ne comprend pas vraiment ce qu’on raconte, mais nous dit oui. On lui montre le GPS et elle nous dit que c’est bien ici. On va se garer au parking mais on reste un peu septique par rapport au indication du GPS. Au parking, on demande si on se trouve au bon endroit, et alors que l’homme s’apprête à déchirer notre ticket, on finit par nous répondre que non ce n’est pas ici. On le stop net. Et après hésitation, on demande remboursement pour aller au bon endroit.
Encore une chose marquante au Laos et à laquelle il faut s’habituer : les gens ne parlent pas anglais et surtout ne comprennent rien à l’anglais. Donc, quand on leur parle, ils sourient et ils répondent « oui » à tout. Même quand la question n’implique pas une réponse par oui ou par non. C’est quelque peu déroutant et agaçant par moment. Au final, on finit par le prendre à la rigolade. Mais du coup, c’est très difficile d’avoir les bonnes infos. On nous expliquera plus tard, qu’il est mal venu et impoli de dire Non pour un Lao.
Nous repartons donc sur notre chemin et trouvons la bonne entrée à quelques mètres de là.
On se gare et on s’acquitte à nouveau du droit d’entrée. Nous croisons un couple qui descend tout juste. D’après eux, la vue est belle et l’ascension assez facile et se complique sur la fin. Il faut environ 30 minutes pour monter.

C’est partie pour l’ascension, 650 mètres annoncés. Le chemin démarre par des marches d’escaliers sculptées dans la roche. Ça monte rapidement. Et rapidement, un panneau indique « 100 mètres ». A ce rythme, on va vite être en haut.
Au bout d’à peine 5 minutes, ça se corse déjà. Il est parfois nécessaire de mettre les mains pour grimper. Nous grimpons tout de même à bonne allure. Les panneaux indiquant la distance restante jusqu’au sommet se succèdent. Enfin, parfois, ils indiquent la distance jusqu’au sommet et parfois la distance parcourue, ce qui est un peu déroutant. A mi parcours, une petite hutte en bord de falaise laisse place à une superbe vue. Nous en profitons pour y faire une petite pause.

Il nous reste de la distance alors on redémarre rapidement. Ça commence à se corser sévère. Toujours aussi abrupte, mais cette fois, le chemin de forêt laisse place aux roches karstiques, des rochers pointus et tranchants comme des lames de rasoirs. Pas le moment de tomber, de trébucher ou même de se cogner.

Plus on monte, plus le terrain est accidenté. Sans les barrières aménagées, nous ne pourrions trouver le chemin. Des tas de cailloux, assemblés, des rochers en équilibre les uns sur les autres. Nous apercevons les trous à travers la roche laissant penser que tout peut s’écrouler à tout moment.
Ça y est, on est arrivés au sommet. D’autres voyageurs sont présents, installés dans une petite hutte. La vue est juste magnifique !!


Nous nous installons face au paysage, les pieds pendus dans le vide. Et nous profitons de ce paysage somptueux.
Nous passons un bon moment au sommet. Il est déjà 13h, nous nous décidons à redescendre pour continuer notre visite des alentours. La descente se fait bien et nous rejoignons le parking en à peine 15 minutes.
Pour la suite, ce sera visite des grottes.
Nous repartons pour une vingtaine de kilomètres sur le scooter en direction du Nord. La route est bonne mais il y a régulièrement de gros nids de poule qui obligent à une attention de chaque instant.
Arrivés aux environs des grottes, un homme nous arrête avant le passage d’un pont. La traversée est payante. On commence à avoir l’habitude. En Asie, tout se paye ! C’est jamais très cher mais tout de même relativement agaçant de devoir toujours sortir le petit billet pour la moindre chose. On a vraiment l’impression d’être des banques ambulantes !
Nous décidons de garer le scooter et de continuer à pied. Bon du coup, une femme accoure pour nous faire payer le parking et nous devons quand même nous acquitter du droit de passage pour le pont piéton…
Nous traversons un petit village et suivons des chemins de terre. Un homme nous suit en boitant et nous propose ses services de guide pour visiter les grottes. Nous refusons poliment et en y repensant, l’homme n’arrive même pas à nous suivre en marchant, il ne semble pas y voir grand chose et ne parle pas vraiment anglais non plus…
Après près d’1km, nous arrivons aux grottes de Snail Cave et Loup Cave. Et hop, encore un droit d’entrée de 10 000 kips. Ils nous fournissent les lampes torches pour la visite. Bon, au final, elles sont pourries, donc nous utilisons les nôtres. Nous sommes à nouveau tout seul à partir à l’exploration des bas-fonds. A l’entrée, un grand bouddha nous accueille, comme une protection pour la visite.


La grotte est totalement différente de celle de la veille. La cavité est grande et en forme de couloir. Nous pouvons marcher aisément et nous enfonçons dans ce long couloir de pénombre à la seule lueur de nos lampes frontales. C’est assez impressionnant. Par moment, des rochers en forme d’oeuf de dragon sortent du sol. Peu à peu de petits bassins d’eau commencent à faire leur apparition. Nous devons même faire une petite traversée acrobatique pour continuer à progresser dans la grotte. Un drapeau planté dans le mur semble indiquer le chemin à suivre, ou peut-être la fin du parcours. Mais c’est encore praticable avec un petit saut, alors on continue.
Un peu plus loin, un passage étroit nous oblige à passer en marche canard et nous mène à un nouveau couloir. Nous entendons du bruit au loin, puis croisons deux autres voyageurs. Nous continuons jusqu’à arriver à un panneau indiquant « Stop Here ». La suite de la grotte n’est accessible qu’avec un guide. Ce n’ai pas l’envie qui nous manque mais nous ne prenons pas de risques et rebroussons chemin. Au final, 1h passée dans cette première grotte.

Nous enchainons avec la Loup Cave. Déjà, l’entrée est plus parlante : une première échelle monte sur la roche (avec une rampe non fixée), puis deux échelles se succèdent pour mener à l’entrée de la cave. Puis, deux autres qui s’enfoncent encore plus. A peine à l’entrée, nous sommes submergés par un courant d’air chaud. Nous arrivons dans une immense cavité avec des formes étranges de tout les cotés. Les lampes frontales éclairent les particules de chaleur. Par moment, il est difficile d’y voir quelque chose, et surtout c’est très difficile de respirer.
De première abord, il ne semble n’y avoir que cette première salle d’accessible. Mais nous apercevons de la lumière au loin. Pour accéder un peu plus loin, nous devons enjamber une formation rocheuse. C’est assez glissant et plus acrobatique que la précédente. La grotte est juste hallucinante. Des formations de tout les cotés plus impressionnantes les unes que les autres.

Nous progressons de manière beaucoup plus prudente que dans la précédente. Une chaleur étouffante nous envahi et c’est vraiment difficile de respirer. On se sent comme oppresser. Nous hésitons à rebrousser chemin, mais poussés par la curiosité, nous nous enfonçons un peu plus. Au sol, des formes comme de petits bassins vide d’eau, comme si on avait construit un château de sable géant avec des douves et des murailles. Un peu plus loin, comme un serpent géant sculpté dans le sol.

Plus loin encore, nous trouvons un petit arbre avec des feuilles de bouddha dorées.


Toujours curieux d’aller encore plus loin, le passage se corse et nous décidons de rebrousser chemin. Par endroit, une substance étrange blanchâtre semblant surnaturelle coule du plafond, donnant l’impression de la formation d’un monstre comme dans Stranger Thing.
Tout nous intrigue et nous passons un long moment à observer les détails toujours attirés par de nouveaux chemins. Encore une bonne heure passée à explorer la grotte, nous ressortons pour continuer notre visite.
Quel bonheur de pouvoir visiter ces grottes à l’état brute, sans aucun aménagement ou seulement quelques échelles de fortune pour aider la progression. Cela change des immenses grottes aménagées par d’immenses escaliers avec des spots lumineux un peu partout qu’on peut trouver en Europe.
Nous nous dirigeons vers la Tam Nam Water Cave. Un nouveau droit d’entrée de 10 000 kips. Alors que nous nous attendions à trouver un « Disneyland » bondé de touristes, nous arrivons dans un lieu désert. Il faut dire qu’il est déjà 16h et que le froid commence à se pointer. Alors aller mettre ses fesses dans l’eau au fin fond d’une grotte…
Mais nous, on aime bien les endroits où il y a personne, alors on tente l’expérience. On se change en maillot de bain – lycra, on s’arme d’un casque équipé d’une lampe frontale et on y va. Le mec nous indique avec ses trois mots d’anglais : « Tube / Cave / Corde ». En gros, c’est par là, prenez une bouée et démerdez-vous !
Des dizaines de chambres à air sont entassées sur l’eau comme si le lieu avait été abandonné. Nous prenons place sur l’une d’elles. Il fait quand même pas chaud dehors et on a pas trop envie de se mouiller les fesses. Mais la position allongée tendu comme un piquet n’est pas très confortable alors on se laisse aller. Ça fait froid aux fesses mais on s’habitue. On se hisse à l’aide de la corde qui mène à la cave. Puis, on passe de peu entre le niveau de l’eau et la hauteur de la grotte. L’expérience est bien loin des photos que nous avions pu voir et qui nous avait plutôt rebuté : des dizaines de bouées à la queue-leuleu se suivant le long d’une corde. Là, on est carrément tout seul et on kiffe bien ça.

On longe donc la corde pendant un petit moment jusqu’à ce que nos fesses touchent le sol. Comme on dit, on a touché le fond…
Arrivée au bout de ce qu’on peut visiter tout seul en se hissant, nous faisons alors demi-tour jusqu’à la sortie. L’expérience est plutôt originale et amusante mais bon rien de transcendant non plus. Enfin, ça clôture bien notre journée de visite.
Nous reprenons le chemin du retour jusqu’à notre scooter. Le soleil descend vite et il commence à faire froid. Alors, comme une envie nous prend, et si on rentrait en courant ?! On se met alors à commencer notre petit footing le long des chemins de terre. Des chiens se joignent à nous sur quelques mètres et les habitants du village nous regardent, amusés.
A ce rythme, le retour se fait en moins de 10 minutes. Notre scooter est toujours là. Mais tout est fermé aux alentours. Nous avions lu beaucoup de témoignages sur des vols de scooter alors dès qu’on le laisse quelque part on a un peu peur de ne pas le retrouver.
De retour en ville, nous ressortons pour un bon resto après toutes ces aventures. Nous allons au Happy Mango. Un bon shake à la mangue, un bon plat thai (Red Curry pour Francois et Poulet Aigre douce pour Sarah), nous sommes bien calés et pouvons retourner à l’hôtel après une longue mais fantastique journée.

Nous sommes épuisés mais il nous faut quand même utiliser nos dernières forces pour ranger les sacs pour notre départ le lendemain. Tout est rangé, on se jette au lit, pour une dernière nuit dans nos nuages douillets…
A SUIVRE – Vientiane, la capitale…



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