[ Janvier 2020 ]
C’est reparti, à nous la Sulawesi !
Welcome to Tana Toraja
Day 1 – Scooter, Village, Graves & Wedding
Nous commençons notre exploration du pays toraja en compagnie de notre guide Jacob. Pour ce premier jour, nous avons loué un scooter pour partir à la découverte des villages et des tombaux.
D’abord, la traversée de Rantepao en scooter est assez folklorique. Il y a beaucoup beaucoup de circulation et on tente de se faufiler à travers les véhicules et de suivre notre guide. Ses pieds touchent à peine le sol et il fait des battements de jambes en guise de clignotant. En sortant de la ville, la route devient de plus en plus chaotique avec des trous partout, des flaques et juste quelques morceaux de bétons qui restent formant des crevasses, sans oublier les dos d’âne à répétition fait maison. A chacun de ses passages, le bas du scooter racle au sol et nous faisons un bond.
Heureusement, le paysage est magnifique et le soleil est avec nous : des rizières, des montagnes qui sortent de terre, et des villages aux maisons traditionnelles qui embellissent d’autant plus le décor.


Les maisons traditionnelles Toraja sont composées de deux types de structures : les petits modèles pour stocker le riz, les plus grands modèles pour la famille. Les maisons sont peintes aux motifs ancestraux et aux couleurs locales principalement rouge et noir. Elles reposent sur six pylônes et deux étages. Le plus reconnaissable est leur toit en forme de cornes de buffles ou de bateaux selon les points de vues (ou encore de banane selon Francois). A l’entrée de la maison principale, trône une tête de buffle qui apporte la protection à la famille. Sur le pilonne central, des cornes de buffles superposées qui représentent la puissance de la famille. Pour finir, des poulets et des coqs pour la loi et la justice.
Étonnamment, l’une des visites typiques de la région, c’est l’équivalent du cimetière chez nous ! Les tombaux sont creusés directement dans de grosses roches rondes et réunissent les membres d’une même famille. Certaines ont des représentations du défin soit en photo soit en statut. Une place spéciale regroupe des menhirs plus ou moins grand en fonction du statut des familles. Les hommes les portent à mains nues jusqu’au cimetière. Il y a un arbre spécial pour les bébés mort nés. Les familles creuses dans le tronc, et y dépose l’enfant pour qu’il puisse grandir et se nourrir de l’arbre.






Notre guide nous a invité au mariage de sa cousine. L’occasion pour nous de découvrir une des cérémonies typiques de la culture Toraja. Nous nous rendons dans les montagnes, par une route ultra détériorée. Une fois sur place, nous enfilons notre plus belle chemise. Enfin, la chemise que nous avons !
Des sortes de huttes sont disposées tout au tour de la place centrale destinée aux mariés. La place est joliment décorée de fleurs et de tissus rouge et jaune.


L’événement réuni plus de 1000 invités ! Nous prenons place au sein de la famille dans la hutte de prestige juste en face de l’estrade. Nous sommes accueillis avec rire et sourire comme des invités de marque. Pour autant, nous n’avons pas l’impression d’être de trop parmi les invités. Nous nous mêlons à l’assemblée comme des membres de la famille. S’ensuit une longue attente durant laquelle les familles passent un moment ensemble.

L’animation commence lorsque des bacs remplis de morceaux de cochons grillés sont déposés au centre de l’assemblée. C’est alors que commence la grande distribution. Les meilleurs morceaux sont distribués aux proches des mariés, leur nom étant annoncé au micro comme dans une tombola. Puis, vient le temps de la vente aux enchères. Les derniers morceaux (en finissant par les têtes) sont annoncés un à un et les invités annoncent des prix jusqu’à remporter la mise et repartir avec leur tête de cochon dans un sac plastique. Valeur d’une tête, environ 50 000 roupies (soit 2 euros). Tout l’argent récolté est offert aux mariés. Nous avons d’ailleurs participé en donnant une contribution de 50 000 roupies.




Les mariés font enfin leur entrée en costume et robe blanche, escortés par des dizaines d’enfants habillés pour l’occasion en tenu traditionnelle, et les membres de la famille proche. Ils s’installent sur l’estrade au coté de leurs parents et posent pendant une bonne heure pour les photos accompagnés par le discours protocolaire d’un homme en blanc.
Après ça, vient le moment du festin. Du riz blanc (la base), des bambous dans lesquels des morceaux de cochons associés à différentes herbes ont mijoté durant plus d’une heure. La nourriture est distribuée et partagée entre tout les invités, nous y compris. C’est l’occasion également de gouter le nouvel alcool local dans des circonstances assez particulières : le vin de palme. Celui-ci était rosé, avec quelques bulles, une forte odeur d’alcool (bien que seulement à 5°), un léger goût amer qui rappelle le jus de pamplemousse.
Les mariés réapparaissent cette fois en costume traditionnelle rouge et jaune, épée à la main. Les invités défilent alors pour saluer les heureux mariés.
Nous continuons notre visite pour le marché aux buffles. Assez intriguant, mais nécessaire pour comprendre le mode de vie des locaux. Le marché rassemble différents types d’animaux : des milliers de buffles dont la valeur varie en fonction de différents critères : la longueur ou la forme des cornes, le poids, la couleur de la peau (les albinos ayant le plus de valeur (environ 20 000 euros)). Ceux ci sont vendus pour être utilisés lors des sacrifices des cérémonies. On y trouve également des cochons (dont certains sont allongés et attachés encore vivant à une planche de bambou pour en faciliter le transport en scooter !), ou encore des coqs destinés au combat…
A SUIVRE – SULAWESI, Tana Toraja – Partie 2…






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