LAOS – Chapitre 7 – Pakse / La boucle des bolovens

[ Décembre 2019 ]

Retour à Pakse

Il est temps de quitter difficilement les 4000 îles. Le bateau doit nous récupérer à notre hôtel entre 10h et 10h30. Le temps pour nous de prendre un petit dej, de ranger les sacs et de profiter une dernière fois des hamacs.
On commence à s’inquiéter à 10h30 quand un bateau semble chercher quelqu’un mais ne s’arrête pas et fini par partir au loin. Le gérant de la guesthouse appelle un bateau qui nous récupère finalement vers 11h au ponton de notre guesthouse (heure à laquelle nous devrions prendre le bus à Nakasang). Après quelques minutes de bateau, ce dernier fait demi tour parce qu’il a oublié deux personnes ! On n’est pas rendu !

Nous profitons d’un dernier tour sur les rives du Mekong pour rejoindre Nakassang d’où nous devons prendre le minibus. Comme on commence à en avoir l’habitude, un mec nous dit « aller par là » en nous indiquant une direction mais sans nous dire où aller ! Toujours très agréable ! On suit alors la direction indiquée.

Nous voyageons avec les belges qui rentrent également à Pakse. Le type de l’agence de bus nous indique : deux personnes dans un bus et deux dans l’autre. On râle un peu lui indiquant qu’on veut voyager ensemble. Il nous dit ok. Comme on peut s’en douter, étant donné qu’au Laos on nous vend des billets de bus sans se renseigner pour savoir s’il reste de la place, les agences s’arrangent entre elles ! Il nous envoie un peu plus loin. On se retrouve alors dans un vieux bus pourri avec des sièges qui ne sont plus fixés à leur dossier et une poche de vomi qui visiblement traine sous le siège depuis quelques jours… Bon au moins, le trajet passe plutôt vite en discutant.

Nous arrivons à Pakse en 3h (au lieu de 2). A peine arrivés dans la ville, que nous croisons plusieurs voyageurs rencontrés plus tôt dans notre trip au Laos. Le monde des voyageurs est décidément tout petit !

Pour finir ce voyage au Laos, nous avons prévu de partir pour une dernière virée en scooter sur La boucle des Bolovens !
On passe chez Miss Noy pour s’inscrire sur la liste d’attente des locations de scooter pour le lendemain. Le fonctionnement ici est assez anarchique. Comme il loue des scooters sans savoir pour combien de jour, il ne sait pas combien reviendrons donc combien il pourra en louer…

Nous passons déposer nos sacs à notre hôtel au Pakse Hotel and Restaurant. Déjà à l’entrée, un homme avec un chariot récupére nos sacs et nous les amène à la chambre. Ca sent l’hôtel de luxe. L’entrée d’ailleurs est digne d’un Mariott. Il y a une salle de sport à disposition des clients et un restaurant panoramique à l’étage. La chambre est simple mais confortable avec double oreiller et couette douillette.

Nous partons à la recherche d’un billet de bus pour le Vietnam. pour prévoir notre départ dans quelques jours. Oui, sauf qu’en fait, on ne peut acheter un billet de bus que la veille pour le lendemain. Avant ça, ils ne savent pas s’il y aura un bus ou non ! Chouette ! Impossible donc pour nous d’anticiper quoi que ce soit !

Nous retournons chez Miss Noi où Yves, le gérant Belge de la boutique, propose tout les soirs à 18h, un briefing pour tout les loopers en herbes. Il explique tous les points d’intérêts, bons plans ou non sur la loop. Puis, il distribue les scooters dans l’ordre de la liste d’attente en fonction du nombre qui lui ont été ramené. Certains devront donc aller chercher ailleurs !

Boloven Loop – Day 1

Pour bien commencer la journée, le petit dej de l’hôtel est juste gargantuesque !
On y trouve absolument tout ce qu’on peut avoir envie de manger au petit dej : des pots avec plats salés asiatiques – porc aigre douce, riz, courgettes marinées – du pâté – du pain frais – des confitures maisons – du quatre quart – des spring rolls – des œufs au choix – des pancakes – des viennoiseries – du café – du thé – des jus de fruits pressés – …. En bref, il y a littéralement DE TOUT !
Le meilleur petit dej de tout les temps !

Nous récupérons le scooter chez Miss noy à 10h30. Ce matin, on est un peu à la ramasse. On dépose les gros sacs, et on part à bord d’une nouvelle Clickette 7.0, rouge pétant cette fois.

On avait entendu beaucoup de choses sur cette boucle et effectivement on s’aperçoit vite que la route et les paysages sont moins attrayant que sur celle de Thakhek. Il y a beaucoup de véhicules. Nous sommes loin des routes idylliques et désertes qu’on a connu. Le scooter sert plus à se déplacer d’un point A à un point B pour enchaîner les visites que pour profiter d’une promenade bucolique à moto.

Sur la route, nous avons une petite frayeur en apercevant un troupeau de vaches déboulé de la droite en courant sur la route. Heureusement, nous sommes un peu loin et pouvons freiner à temps avant de foncer dans le tas…

Premier arrêt à la plantation de café de Mr Vieng.
Manque de bol, Mr Vieng ne sera pas là de la journée à cause d’un dégât des eaux ou quelque chose comme ca ! Pas de visite aujourd’hui ! Ok ! Dommage ! C’était la seule halte intéressante prévu pour aujourd’hui !

Nous décidons alors de nous rendre directement à Tad Lo et plus précisément au Fandee Island qui nous a été conseillé. Nous suivons des panneaux qui nous amènent par un chemin dans un endroit un peu plus reculé de la route principale. Nous garons le scooter pour 2 000 kips. Tout le monde a été claire, sur cette boucle, on ne gare pas le scooter sans avoir payé sous peine de ne pas le retrouver !

Un lac entoure une petite île. Pour la rejoindre, il suffit de prendre une barque ou un ponton flottant tiré par une corde. Bienvenue à Fandee Island.

L’endroit est joliment décoré, on y trouve un lieu de restauration propice à la détente avec intérieur en bois, hamacs, balançoires…, un terrain de pétanque, des cabanes dans les arbres et des petites huttes en bord de rivière.
Nous sommes accueillis par des locaux et après la visite des cabanes, nous choisissons finalement celle en bord de rivière avec une petite terrasse face au coucher de soleil. L’endroit est vraiment plaisant !

Nous allons faire un petit tour à pied pour visite le village de Tad Lo.
Les chiens de la guesthouse font office de guides et nous suivent sur tout le trajet. Nous arrivons à une magnifique cascade et pour la franchir, comme partout au Laos, un pont… en maintenance… juste les piliers, impossible de traverser.

Nous suivons Maps-me qui nous mène à travers un resort jusqu’à un pont piéton provisoire. Il n’a pas l’air super solide et quand même assez long à traverser au-dessus des rapides.

On tente d’avancer un peu en marchant à quattre pattes sur les lattes de fortune. Le début du pont est cassé et nous force à enjamber l’eau et marcher en équilibre sur les rebords. Nous traversons le quart du pont et décidons de faire demi tour estimant la traversée trop dangereuse, notamment pour le matériel photo non étanche.

Bon, on abandonne l’idée de rejoindre le village. On rebrousse chemin et on retourne à Fandee Island pour profiter du coucher de soleil sur notre terrasse au dessus du lac, une petite BeerLao traditionnelle pour accompagner le spectacle. Notre chien guide se joint à nous en s’installant à nos côtés. Des oiseaux assurent le spectacle en passant en boucle devant nos yeux dans les couleurs du ciel et plongeant dans le lac pour y attraper de la nourriture.

Nous enchainons par une petite partie de pétanque avant le dîner.
Nous rejoignons ensuite la terrasse centrale pour manger un bout. Les cuisinières sont en train de jouer aux cartes. Nous sommes tout seul sur l’île ! Comme l’impression d’être sur une île privatisée avec du personnel. Un peu déçu quand même de ne pas pouvoir partager ce moment avec d’autres voyageurs. Puis manque de bol, Loïc le propriétaire français avec qui nous aurions voulu échanger est bloqué à Pakse pour un problème de voiture. Décidément aujourd’hui !

Nous en apprenons tout de même un peu plus sur le projet de Fandee. Loic souhaite venir en aide aux populations pauvres du Laos et propose aux jeunes du village de leur apprendre l’anglais et de les former à tenir une guesthouse.
Nous passerons la soirée à discuter avec Som, une thaïlandaise venu travailler avec Loic.

Puis, nous allons nous coucher dans notre petit havre de paix.

Boloven Loop – Day 2

Pour se réveiller en douceur, nous ouvrons la fenêtre qui nous donne vue sur le lac. Ca donne envie de trainer au lit durant des heures. Une petite douche, des crêpes banane-chocolat, un café et on est parti pour la suite de la loop.

Premier arrêt à 20 km chez Captain Hook. Au programme, visite de la plantation de café et du village animiste.
Nous payons un droit d’entrée de 5 000 kips par personne pour pouvoir accéder au village. La route est en travaux et les camions laissent un sol de terre boueuse. Sans nous en rendre compte, nous avons droit à notre première chute. Heureusement, nous allions tout doucement, le scooter a juste légèrement glissé sur le flan et Francois a retenu le plus qu’il pouvait. Plus de boue que de mal ! Quelques secondes plus tard, un autre couple qui arrive a droit à la même glissade que nous avec en prime une belle vrille du scooter. Pendant ce temps, une assemblée de villageois et d’enfants rassemblés juste à cette endroit prennent plaisir à observer le spectacle des touristes qui tombent à répétition.

En entrant dans le village, un homme avec un gros bang en bambou nous indique la direction. Nous suivons un chemin pour arriver chez Captain Hook, notre guide pour la visite. On le trouve également avec un gros bang collé à la bouche.

La visite nous fait principalement traverser les champs de café. Nous passerons très brièvement à travers le village. La visite dure ainsi plus de 3h.
Captain Hook est un vrai puit de connaissances sur l’histoire du café, du village, des médecines traditionnels, des traditions du village… Difficile de tout assimilé, surtout en anglais, mais nous en apprenons beaucoup.

Quelques anecdotes intéressantes qui nous ont marqué (d’après les dires du guide et de ce qu’on en a compris) :
– La jeune génération est en train de changer les choses et n’est plus trop intéressé pour continuer les traditions tels qu’elles sont.
– Il ne faut pas prendre en photo les vieilles personnes, car selon leur croyance cela leur volerait leurs âmes et procurerait de la mal chance.
– Si tu toc à la porte, tu enlèves la chance de la maison. Et qui dit malchance, dit sacrifice pour rétablir ça.
– Ils ne parlent jamais du futur sous peine de provoquer un accident.
– Une femme ne doit pas accoucher dans le village. Avant elle allait dans la forêt, maintenant à l’hôpital. Quand elles reviennent avec le bébé, elles doivent passer au dessus d’un petit feu pour enlever les mauvaises choses. L’homme demande alors si c’est un bon bébé ou un mauvais bébé. Si c’est un bon, il le garde et le lave ; si c’est un mauvais, il ne le garde pas. Le guide nous assure que bien sûr, toutes les femmes répondent que c’est un bon bébé.
Pour donner un prénom, ils vont voir le Shaman du village. A chaque pleine lune, la mère raconte son rêve. Si c’est un bon rêve, le Shaman choisi un prénom, si c’est un mauvais rêve, la femme devra revenir à la prochaine pleine lune. C’est ainsi que certains enfants n’ont pas de prénom avant 2 ans.
– Pourquoi fument-ils des bang dès l’âge de 3 ans ? Une légende raconte qu’un homme pauvre est allé demander de l’aide au chef du village. Il a ensuite demander au chef comment il pouvait le rembourser. Le chef a répondu qu’il devait faire un sacrifice. L’homme pauvre s’est alors sacrifier lui-même. Cette homme fumait tout le temps, et on dit qu’il n’est en fait jamais mort. Le fait de fumer protègerait l’âme et empêcherait les esprits de venir la prendre. Le village sacrifie chaque année un buffle pour calmer les esprits. Avant de procéder au sacrifice, un petit chien est battu à mort à coup de pied afin de chasser les mauvaises choses.
– Certaines personnes pratiquent la magie noir. Dès l’âge de 10 ans, les habitants du village se font faire un tatouage noir pour s’en protéger.
– La famille doit vivre sous le même toit jusqu’à la mort des parents. Les hommes ayant beaucoup de femmes et d’enfants, une famille peut réunir jusqu’au 200 personnes sous le même toit.
– Ils mangent tout type de viandes : chien, chat, singe, souris … excepté les humains (toujours d’après le guide)
– Les enfants étaient mariés dès l’âge de 7 ans. Et les filles tombaient enceintes dès l’âge de 13 ans. Le gouvernement ayant obligé les enfants à aller à l’école, cette pratique n’est plus d’actualité. Intéressant quand on sait que le gouvernement ne paye pas les enseignants depuis 3 mois, ce qui fait qu’ils n’enseignent rien à l’école.
– Quand ils sont malades, il y a 4 étapes : d’abord, aller voir le Shaman qui tente de soigner par les plantes (on peut espérer aller mieux au bout de 6 à 7h) – Si le Shaman ne marche pas, on voit le Gourou qui va jouer sur les esprits – Si le Gourou ne marche pas, on va voir la femme médium qui va parler aux esprits – Si celle-ci ne marche pas, on fait un sacrifice – Si celui ci ne marche pas, on meurt…
– Chacun doit construire son propre cercueil avant de mourir sous peine de se faire voler son âme.
– Si quelqu’un meurt à cause d’un accident, toute la famille doit s’exiler 5 ans dans la forêt.
– Si quelqu’un meurt durant la saison du riz, le corps reste dans la maison jusqu’à la fin de la saison.
– Ils n’ont pas de date de naissance car ils ne savent pas en quelle année nous sommes. Ils fonctionnent en saison : saison du riz, saison des peanuts, saison des bébés, …
– Ils croient que la terre est plate, que tu as les yeux bleus parce que tu bois du soda, que tu es blanc parce que tu ne travaille pas et que tu as un porte feuille illimité…

Francois tentera l’expérience de gouter une fourmi rouge, après que le guide ai pris soin de couper la tête de la fourmi. Ils mangent des fourmis rouge pour se débarrasser des vers intestinaux. Aussi, les fourmis rejetant une odeur violente au nez, ils en étalent sur la peau pour repousser les moustiques.

Après la visite, nous reprenons notre chemin pour rejoindre la Share Happy Farm. Réputé pour sa cuisine vegan ou végétarienne avec que des produits du jardin. Nous sommes invités à manger la production du jour : soupe de pumpink gingembre – riz – curry de beans noir – salade de courgettes en sauce et fruit de la passion à volonté.

Après cet arrêt, nous prenons la décision de rentrer à Pakse et de prendre le bus pour le Vietnam dès le lendemain sans finir la boucle. Tant pis pour les cascades.

La dernière partie de route n’est vraiment pas terrible, suivant une autoroute tout le long. Nous ne nous attardons pas et traçons notre chemin jusqu’à chez Miss Noy. Nous prendrons notre billet de bus pour le Vietnam directement là-bas.

Ce soir dodo au Nang Noi, chambre basique à 80 000 kips. Pour une petite nuit, ça fera l’affaire.

Nous mangeons au restaurant panoramique du Pakse Hotel. Une dernière Beer Lao et une bonne cuisine de qualité.
Nous clôturons bien notre voyage au Laos et sommes prêts à partir explorer de nouvelle contrée…

A SUIVRE – DU LAOS AU VIETNAM…

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